Archives de l’auteur : heleneconstanty

A propos heleneconstanty

Journaliste et scénariste, auteure de livres, de bandes dessinées, de documentaires, et de fictions...

Cannabis : la grande lessiveuse

Au sommaire de La Revue dessinée numéro 23, en librairie le 6 mars, mon sujet sur le blanchiment de l’argent du trafic de cannabis, dessiné par le talentueux Pierre-Henry Gomont.

Plus d’un milliard d’euros, c’est la somme que brassent chaque année les trafiquants de cannabis en France. Alchimistes du marché de la drogue, ils sont passés maîtres dans l’art de changer l’herbe et la résine en or. Mais une fois la marchandise écoulée, comment rendre l’argent sale plus blanc que blanc ? En s’appuyant sur un réseau d’intermédiaires déployés sur trois continents. De l’Inde au Maroc, des petites mains de Seine-Saint-Denis aux évadés fiscaux des beaux quartiers parisiens, le circuit du blanchiment traverse des mondes que tout oppose. Impunément ? En 2012, la police judiciaire a décidé de frapper les trafiquants au portefeuille…

 

Mafia corse, entre réalité et fantasmes

 

Dimanche 17 février, j’étais l’invitée de l’émission Agora, diffusée par France 3 Corse Via Stella pour parler de la mafia corse, ou des mafias corses.

Sur le plateau, le journaliste Fabrice Laurent de Corse Matin et le chercheur Tommaso Giurati. Une émission préparée et animée par Sébastien Pisani.

Le tétraplégique, le repenti et l’improbable procès

 

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Le procès des assassins présumés de l’avocat corse Antoine Sollacaro devrait bientôt voir s’affronter un tétraplégique, présenté comme le chef du clan mafieux du Petit Bar, et le premier repenti de l’histoire judiciaire française. À moins que la cour d’appel ne décide de retarder l’échéance.

 

La confrontation publique entre le premier repenti de l’histoire judiciaire française et l’homme présenté comme le parrain du clan corse du Petit Bar aura-t-elle lieu un jour ? Patrick Giovannoni et Jacques Santoni devaient être renvoyés prochainement, aux côtés de trois autres personnes, devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, pour l’assassinat du bâtonnier Antoine Sollacaro, à Ajaccio, le 16 octobre 2012 et la tentative d’assassinat de son ami Charles Cervoni, un mois et demi plus tôt.

C’est en tout cas ce qu’avait demandé le juge d’instruction Christophe Petiteau, de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille, dans son ordonnance de mise en accusation (OMA), datée du 31 août 2018, que Mediapart a pu consulter.

Mais la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence pourrait en décider autrement, lundi 21 janvier. Saisie d’un double recours du parquet de Marseille et des avocats du principal accusé, elle peut choisir, soit d’ordonner la tenue du procès en l’état, soit de donner un délai supplémentaire pour poursuivre l’instruction de cette affaire hors norme.

On se souvient de l’émoi national suscité par l’exécution, en plein jour, d’Antoine Sollacaro, ténor du barreau ajaccien, criblé de balles au volant de sa Porsche par le passager d’une puissante moto BMW 1200, alors qu’il s’était arrêté, comme chaque matin, dans une station-service de la route des Sanguinaires pour y acheter son journal.

 

(….) La suite à lire sur Mediapart

Article publié le 19 janvier 2019

Contrats navals d’Iskandar Safa: la justice américaine accélère

Safa Mozambique Reuters.png

La justice américaine enquête sur une affaire de corruption liée à des contrats navals ayant ruiné le Mozambique, et dont une partie concernait la France. Bénéficiaire des contrats ? Le groupe du milliardaire franco-libanais Iskandar Safa, qui dispose de solides alliés dans le monde politique français.

La justice américaine a tiré la première. Depuis le 29 décembre, cinq personnes ont été arrêtées en Afrique, en Europe et aux États-Unis, dans le cadre d’une enquête sur des contrats navals conclus au profit du groupe Privinvest, propriété du milliardaire franco-libanais Iskandar Safa.

Ces contrats ont plongé le Mozambique dans une crise financière gravissime. Une partie de la commande – 24 bateaux de pêche au thon et des patrouilleurs pour la surveillance des côtes – a profité au chantier naval français Constructions mécaniques de Normandie (CMN), filiale de Privinvest. Le contrat avait été célébré en grande pompe à Cherbourg, en septembre 2013, par le président François Hollande, accompagné des ministres Bernard Cazeneuve et Arnaud Montebourg (voir notre article précédent).

(…)La suite à lire sur Mediapart
Article publié le 10 janvier 2019

Mediapart 2018

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Argent russe et mégablanchiment sur la Côte d’Azur

17 JANVIER 2018 PAR HÉLÈNE CONSTANTY ET YANN PHILIPPIN

L’oligarque russe Suleyman Kerimov est mis en examen pour avoir blanchi plus de 500 millions d’euros dans l’immobilier de luxe. L’enquête met en cause une dizaine de notables de la région et révèle des pratiques couvertes par l’omerta.

Depuis son arrestation à la descente de son jet privé à l’aéroport de Nice, dans la nuit du 20 novembre 2017, le milliardaire et sénateur russe Suleyman Kerimov doit pointer au commissariat plusieurs fois par semaine. Mis en examen trois jours plus tard pour « blanchiment aggravé de fraude fiscale » par le juge d’instruction Alexandre Julien, il s’est vu confisquer son passeport et assigner à résidence à Nice. Le parquet avait requis sa détention, mais la chambre d’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence a accepté de le laisser libre sous contrôle judiciaire, moyennant une caution record de 40 millions d’euros.

Juger un repenti corse: une première à risques

5 FÉVRIER 2018 PAR HÉLÈNE CONSTANTY

Patrick Giovannoni a refait sa vie dans un lieu inconnu, sous une nouvelle identité. Il va être le premier homme à être jugé en France avec le statut de repenti, pour des faits relevant du grand banditisme en Corse. La justice se demande comment pouvoir assurer sa protection.

Le 19 février, un procès à haute tension s’ouvrira au palais de justice d’Aix-en-Provence. Pour la première fois en France, un homme bénéficiant du statut de repenti, créé par la loi Perben II du 19 mars 2004, va être jugé pour complicité d’assassinat en bande organisée. Patrick Giovannoni va comparaître, avec cinq coaccusés, pour le meurtre d’Antoine Nivaggioni, le 18 octobre 2010, à Ajaccio.

Procès du repenti corse: les enjeux d’un huis clos

20 FÉVRIER 2018 PAR HÉLÈNE CONSTANTY

Les cinq accusés jugés depuis lundi pour l’assassinat d’Antoine Nivaggioni à Ajaccio en 2010 comparaissent hors de la vue de la presse et du public. La cour d’assises d’Aix-en-Provence a estimé ne pas pouvoir garantir autrement la sécurité de l’un d’eux, qui a le statut de repenti.

Aix-en-Provence, de notre envoyée spéciale.- Ce lundi 19 février, à 16 heures, les journalistes ont été priés de quitter la salle de la cour d’assises du palais Monclar, à Aix-en-Provence. Le procès de l’assassinat d’Antoine Nivaggioni, exécuté à l’arme lourde à Ajaccio le 18 octobre 2010, se tient désormais à huis clos, sans la presse ni le public, jusqu’au 2 mars. Seuls les trois juges, l’avocat général, le greffier, les dix jurés, la dizaine d’avocats des cinq accusés et la famille de la victime, partie civile, pourront voir et entendre Patrick Giovannoni, le repenti pour la protection duquel cette mesure exceptionnelle a été décidée.

A Mandelieu, un promoteur, vendeur d’armes, en affaire avec la famille du maire

8 MARS 2018 PAR HÉLÈNE CONSTANTY

Iskandar Safa est marchand d’armes, extrêmement fortuné, propriétaire de Valeurs actuelles et, selon les informations de Mediapart, associé en affaires à la famille du maire de Mandelieu-la-Napoule. Cela tombe bien : c’est dans cette ville de la Côte d’Azur qu’il espère obtenir l’autorisation de bâtir un immense projet immobilier.

Qui est le vrai maître de Mandelieu-la-Napoule ? Son maire Sébastien Leroy ou le richissime marchand d’armes Iskandar Safa, propriétaire d’un domaine de 1 300 hectares sur les contreforts du massif de l’Esterel ?

Sébastien Leroy, un avocat d’affaires de 38 ans, membre du parti Les Républicains, a discrètement succédé à son oncle à la tête de cette petite commune de 23 000 habitants, lorsque Henri Leroy, maire pendant 22 ans, est devenu sénateur en novembre 2017.

Alors que le long règne de la famille Leroy se prolonge à Mandelieu-la-Napoule, Mediapart et « Complément d’enquête » (lire la Boîte noire) ont mis la main sur un document pour le moins troublant, qui pointe la grande proximité entre la famille Leroy et Iskandar Safa.

Palais des festivals de Cannes: les trois millions d’euros suspects de sa rénovation

11 MAI 2018 PAR HÉLÈNE CONSTANTY

Le cabinet de l’architecte Jean-Michel Wilmotte a été mis en examen pour recel de détournement de fonds publics. Le député et ancien maire de Cannes Bernard Brochand lui a fait verser 3 millions d’euros dans le cadre de la rénovation du Palais des festivals. L’affaire sied mal au glamour cannois.

Pendant plus d’un an, le secret a été bien gardé au palais de justice de Grasse. Le cabinet de l’architecte Jean-Michel Wilmotte a été mis en examen pour recel de détournement de fonds publics en janvier 2017. C’est la neuvième mise en examen dans le cadre d’une information judiciaire ouverte le 16 juillet 2012 pour de multiples atteintes à la probité dans l’entourage du député et ancien maire de Cannes Bernard Brochand.

En Corse, la ruée sur les armes

7 JUIN 2018 PAR HÉLÈNE CONSTANTY

Entre 2008 et 2018, le nombre des armes de catégorie B (pistolets, revolvers, fusils d’assaut, carabines semi-automatiques) détenues en Corse en toute légalité a été multiplié par sept. À présent, on compte officiellement une arme pour trois adultes. Un engouement inquiétant : la Corse reste, de loin, le département où l’on tue le plus en France.

Les Corses ont toujours été fascinés par les armes. Dans l’île, le fusil de chasse ne sert pas seulement à tuer le sanglier, mais à tirer en l’air au Nouvel An et à assourdir les nouveaux mariés sur le parvis des églises.

La nouveauté, c’est une véritable ruée sur un autre type d’armes, beaucoup plus dangereuses que les fusils de chasse. Armes de poing (pistolets, revolvers), armes d’épaule (fusils d’assaut, carabines semi-automatiques)… Entre 2008 et 2018, le nombre des armes dites de tir sportif, répertoriées en catégorie B, détenues en toute légalité, a été multiplié par sept ! Il y en avait 4 400 en Corse en 2008. On en dénombre 35 000 début 2018, selon la préfecture.

Le Carlton de Cannes transformé illégalement en support publicitaire géant

24 JUIN 2018 PAR HÉLÈNE CONSTANTY

Écrans LED, panneaux d’affichage… Pendant les salons cannois, la façade du Carlton, un hôtel détenu par la famille princière du Qatar et classé monument historique, est couverte de publicités. En toute illégalité et avec la bénédiction des pouvoirs publics.

La famille princière du Qatar confond-elle Cannes avec Las Vegas ? Propriétaire depuis 2014 de l’hôtel Carlton, un luxueux 5 étoiles de 343 chambres situé sur la Croisette, au centre de la baie de Cannes, le cheikh Nawaf bin Jassim bin Jabor Al-Thani a transformé cet établissement de prestige en support publicitaire géant.

Toute publicité y est pourtant strictement interdite par la loi, au titre de l’article L581-8 du code de l’environnement, non seulement sur sa façade, mais aussi dans un rayon de 100 mètres autour de l’édifice et dans son « champ de visibilité ». Le Carlton bénéficie en effet d’une double protection : il est classé monument historique depuis le 29 août 1989 et il appartient au site inscrit de la bande côtière de Nice à Théoule-sur-Mer depuis le 10 octobre 1974.

La cuisine fiscale d’Alain Ducasse

4 JUILLET 2018 PAR YANN PHILIPPIN ET HÉLÈNE CONSTANTY

Symbole de la gastronomie française, le chef aux 19 étoiles, devenu citoyen de Monaco en 2008, optimise sa fiscalité grâce à un contrat belgo-monégasque lié à ses activités en France.

Alain Ducasse est un monument de la gastronomie française. Deuxième chef le plus étoilé de la planète (19 macarons) et seul doté de trois restaurants triplement étoilés (à Monaco, Paris et Londres), le cuisinier et homme d’affaires de 59 ans a créé un petit empire baptisé « Ducasse Paris », qui pèse 80 millions d’euros de chiffre d’affaires et supervise 25 établissements gastronomiques dans sept pays, dont le Jules Verne, au deuxième étage de la tour Eiffel. Le groupement entre les entreprises Elior et Ducasse devrait savoir demain s’il remporte ou non le renouvellement de la concession de ce restaurant emblématique, où les couples Trump et Macron ont dîné le 17 juillet dernier, assurant au chef une publicité planétaire.

Un contrat naval français est au cœur d’un scandale financier

16 JUILLET 2018 PAR HÉLÈNE CONSTANTY

Une commande de bateaux de pêche à un chantier de Cherbourg est soupçonnée d’avoir servi à masquer un contrat d’armement secret pour le Mozambique, au profit du milliardaire franco-libanais Iskandar Safa. La justice française est saisie d’une demande d’entraide pénale internationale.

Ce lundi 30 septembre 2013, le drapeau jaune, rouge et noir du Mozambique flotte sur Cherbourg. Le président François Hollande fait les honneurs de la ville à Armando Guebuza, le président de ce pays voisin de l’Afrique du sud. Sur le port, les deux chefs d’État visitent le chantier naval des Constructions mécaniques de Normandie (CMN), une entreprise privée qui s’apprête à revivre grâce à une commande inespérée du Mozambique.

Borgo, la prison corse où les détenus règnent en maîtres

11 NOVEMBRE 2018 PAR HÉLÈNE CONSTANTY

Dans la prison de Borgo, près de Bastia, les caïds font la loi, des surveillants deviennent complices des truands et les directeurs prennent peur. Enquête sur un établissement pénitentiaire à nul autre pareil.

Le 5 décembre dernier, dans le hall de l’aéroport de Bastia-Poretta, une grande brune aux cheveux longs, vêtue d’un blouson de cuir, a donné le baiser de la mort à Jean-Luc Codaccioni, un truand corse qui venait d’atterrir en provenance de Paris. Elle l’a embrassé et a échangé quelques mots avec lui, après avoir chaleureusement salué Antoine Quilichini, un autre repris de justice, surnommé « Tony le Boucher », venu accueillir le premier au retour d’une permission pour le reconduire à la prison de Borgo. Codaccioni y purgeait une peine de 4 ans. Un instant plus tard, Antoine Quilichini et Jean-Luc Codaccioni s’écroulaient sur le parvis de l’aéroport, criblés de balles par un tueur qui prenait la fuite à bord d’une Golf noire, en lançant aux passants interloqués : « C’est rien, c’est un film. »

Le maire de Sanary-sur-Mer traduit en justice pour atteintes à la probité

27 NOVEMBRE 2018 PAR HÉLÈNE CONSTANTY

Maire depuis vingt-neuf ans, Ferdinand Bernhard est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour une affaire immobilière et la promotion canapé de sa maîtresse.

Entre les premières plaintes et le procès, huit longues années se seront écoulées. Ferdinand Bernhard, maire de Sanary-sur-Mer, une tranquille cité balnéaire du Var, vient d’être renvoyé devant le tribunal correctionnel de Marseille pour de multiples atteintes à la probité : prise illégale d’intérêts, détournements de fonds publics et favoritisme.

Ferdinand Bernhard, le maire de Sanary-sur-Mer.

Ferdinand Bernhard, le maire de Sanary-sur-Mer.Le procès ne devrait pas se tenir avant l’automne 2019, compte tenu de l’embouteillage du tribunal. Mais pour ceux qui dénoncent les agissements du premier édile depuis des lustres, la perspective de voir le maire et deux de ses proches s’expliquer devant la justice est un soulagement. Dans cette commune de 16 000 habitants, dont près de la moitié de retraités, Ferdinand Bernhard est élu sans discontinuer depuis… 29 ans !

La Corse secouée par un scandale de fraude aux aides agricoles

20 DÉCEMBRE 2018 PAR HÉLÈNE CONSTANTY

Le monde agricole corse est secoué par un scandale de fraude aux aides européennes. Selon l’association Anticor, 36 millions d’euros auraient été détournés entre 2015 et 2018, avec l’accord des services de l’État et la bienveillance des chambres d’agriculture.

En pleine campagne pour les élections des chambres d’agriculture, qui auront lieu fin janvier, le monde agricole corse est secoué par un scandale de fraude aux aides européennes. Selon l’association Anticor, qui a déposé plainte contre X auprès du parquet national financier le 3 décembre, 36 millions d’euros auraient été détournés par des agriculteurs, entre 2015 et 2018, avec « l’accord et la complicité des autorités de contrôle », c’est-à-dire les services de l’État et l’« accompagnement de personnes très bien informées de la complexité et des failles du système de distribution des aides », à savoir les chambres d’agriculture.