Marcel Campion: un empire conquis par la force

1 AOÛT 2019 PAR HÉLÈNE CONSTANTY

Pendant des décennies, Marcel Campion a été traité comme un prince par les pouvoirs, de droite comme de gauche. Une position dominante acquise avec des méthodes de voyou.

Tout l’été, dans le jardin des Tuileries, Marcel Campion a le loisir de se remémorer sa première installation dans ces lieux, il y a presque un demi-siècle : « À l’époque, Paris n’avait même pas de maire. La capitale était gérée directement par l’État. » Le premier maire, Jacques Chirac, n’a été élu qu’en 1977, après avoir été premier ministre de 1974 à 1976, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing.

L’idée de recréer aux Tuileries une fête foraine à l’ancienne, avec des manèges de chevaux de bois, a germé en 1975 dans la tête d’Yves Mourousi. Le journaliste, qui venait d’être nommé à TF1 (alors une chaîne publique), pour y présenter le journal de 13 heures, avait réussi à convaincre le ministre de la culture du gouvernement Chirac d’organiser plusieurs fêtes dans Paris. Et c’est ainsi que Marcel Campion, qui jouissait déjà d’une position dominante à la foire du Trône et régnait sur l’intersyndicale des forains, se vit confier l’organisation de la première fête des Tuileries.

Mais dès l’année suivante, en 1976, la nouvelle ministre de la culture Françoise Giroud interdisait l’événement, estimant que les manèges avaient dégradé le jardin. Campion et les forains parisiens réintégrèrent alors leurs terrains traditionnels : le bois de Vincennes pour la foire du Trône d’avril à mai, puis Saint-Germain-en-Laye pour la fête des Loges, de la fin juin à la mi-août.

Mais Marcel Campion avait pris goût au cœur de Paris et n’acceptait pas que les forains soient cantonnés aux lisières de la capitale. On leur refusait les autorisations ? Ils allaient les obtenir par la force !

Episode 2/4 de la série d’été sur Marcel Campion, à lire dans Mediapart

FIN DE RÈGNE POUR LE ROI DES FORAINS (1/4)

Marcel Campion contre Anne Hidalgo: la guerre est déclarée

30 JUILLET 2019 PAR HÉLÈNE CONSTANTY

Marcel Campion, le 8 novembre 2017, lors d’une manifestation devant les Galeries Lafayette. © Reuters

À bientôt 80 ans, Marcel Campion sera candidat aux municipales de 2020 à Paris contre Anne Hidalgo, qu’il adorait avant de la vouer aux gémonies. Une entrée en politique au goût de vengeance.

Trouver Marcel Campion à Paris, ce n’est pas compliqué. La grande table ronde centrale de La Guinguette, aux stores à rayures rouges et blanches, à l’entrée de la fête des Tuileries, dans les jardins du musée du Louvre, lui est réservée. C’est là que, du 21 juin au 25 août, hormis quelques jours de vacances dans sa villa de Saint-Tropez, le roi des forains reçoit ses amis, se tient informé des dernières nouvelles du monde des manèges et des autotamponneuses, et dit du mal d’Anne Hidalgo, la maire de Paris.

Lorsqu’il a lancé l’idée, sur un coup de colère, en janvier 2018, on a cru qu’il blaguait. Mais non. À 80 ans l’an prochain, Marcel Campion sera bien candidat aux municipales de 2020 contre Anne Hidalgo, qu’il adorait avant de devenir son ennemi le plus acharné. « C’est Bertrand Delanoë, le maire sortant, qui m’avait présenté Anne Hidalgo, fin 2013. Elle me répétait qu’elle adorait la fête foraine, qu’elle trouvait mon marché de Noël formidable. Elle était véritablement enchanteresse. Je l’ai soutenue pendant sa campagne. »

Ceci est le premier épisode (1/4) d’une série d’été, à lire en version intégrale dans Mediapart.

Le scandale des fraudes agricoles s’étend en Corse

28 AVRIL 2019 PAR HÉLÈNE CONSTANTY

Après la Corse-du-Sud, la Haute-Corse est touchée à son tour par le scandale des fraudes aux aides agricoles européennes. Au cœur de l’affaire, une importante famille du monde agricole, suspectée d’avoir détourné des aides de la politique agricole commune.

Le scandale des fraudes aux aides agricoles européennes est en train de prendre un tour dramatique en Corse. Dans la nuit du vendredi 26 avril au samedi, un incendie a détruit la distillerie d’huiles essentielles exploitée par Pierre Alessandri, le responsable du syndicat agricole Via Campagnola (Confédération paysanne), à Sarrola-Carcopino, au nord d’Ajaccio.

Le procureur de la République d’Ajaccio a ouvert une enquête judiciaire pour incendie criminel commis en réunion, confiée à la gendarmerie. Cet incendie trouve vraisemblablement son origine dans les positions prises par Via Campagnola lors de la récente campagne électorale pour les élections des chambres d’agriculture. Ce syndicat minoritaire a en effet dénoncé les fraudes aux aides européennes avec fermeté, comme Mediapart s’en était déjà fait l’écho.

Jean-Sauveur Vallesi

Le 11 avril, quatre membres de la famille Vallesi ont été placés en garde à vue et leurs exploitations perquisitionnées par la gendarmerie dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte le même jour par la procureure de la République de Haute-Corse Caroline Tharot, pour escroquerie aggravée et association de malfaiteurs.

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Les lourds antécédents du procureur de la République de Nice

12 AVRIL 2019 PAR HÉLÈNE CONSTANTY ET PASCALE PASCARIELLO

Jean-Michel Prêtre, procureur de la République de Nice. © DR

Dans l’affaire des blessures de Geneviève Legay, militante d’Attac, lors des manifestations du 23 mars, le procureur de la République de Nice a jugé légitime de confier l’enquête à la compagne du commissaire chargé, ce jour-là, des opérations policières. La Direction des services judiciaires a décidé de saisir, ce vendredi, le procureur général de la cour d’appel d’Aix-en-Provence afin de convoquer le magistrat pour qu’il s’explique sur ces faits. Ce n’est pas la première fois que ce dernier assouplit à sa guise les règles de déontologie.

Le procureur de la République de Nice va finalement devoir rendre des comptes. Selon nos informations, la Direction des services judiciaires a saisi, ce vendredi 12 avril, le procureur général d’Aix-en-Provence afin qu’il convoque Jean-Michel Prêtre. Le procureur doit s’expliquer sur ses choix dans l’enquête préliminaire sur les blessures de Geneviève Legay. À la suite de cet entretien, la garde des Sceaux appréciera les suites à donner, a précisé le ministère auprès de Mediapart. 

Jean-Michel Prêtre, procureur de la République de Nice, a une conception bien personnelle des règles de déontologie. L’enquête préliminaire ouverte sur l’origine des blessures de Geneviève Legay, militante d’Attac, lors des manifestations du 23 mars, en est un exemple parmi d’autres.

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