Archives du mot-clé Corse

Les pressions mafieuses s’intensifient à Ajaccio

21 SEPTEMBRE 2019 PAR HÉLÈNE CONSTANTY

Manifestation de soutien à Jean-André Miniconi le 30 juillet. Léo Battesti au micro et Jean-André Miniconi en chemise bleue à sa droite.
Manifestation de soutien à Jean-André Miniconi le 30 juillet. Léo Battesti au micro et Jean-André Miniconi en chemise bleue à sa droite.

Deux incendies criminels visant l’ancien président de la Chambre de commerce ont provoqué une mobilisation citoyenne. Ils pourraient être liés aux exactions d’un groupe mafieux qui accroît son emprise sur l’économie locale.

La campagne électorale en vue de l’élection municipale de mars 2020 a démarré sous un ciel plombé à Ajaccio.

Dans la nuit du 27 au 28 août, une concession automobile Mercedes a été la cible d’une tentative de mise à feu criminelle. En arrivant le matin, les employés ont senti une forte odeur et constaté que plusieurs véhicules avaient été aspergés d’essence. Le propriétaire de l’établissement, Jean-André Miniconi, un chef d’entreprise influent, ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Ajaccio et de la Corse-du-Sud (CCI2A) et président régional de la Confédération des petites et moyennes entreprises, venait d’annoncer son souhait de se porter candidat à l’élection municipale, avec le soutien de l’autonomiste Gilles Simeoni, président de l’exécutif de la Collectivité territoriale.

Un mois plus tôt, dans la nuit du 27 au 28 juillet, un autre établissement du groupe Miniconi, une concession moto qui venait d’ouvrir, avait déjà été endommagé par un incendie criminel : le feu, parti d’une aile du bâtiment, s’était propagé à l’intérieur de l’atelier de réparation, avant que les pompiers ne parviennent à l’éteindre.

L’hypothèse d’une rivalité commerciale, un temps envisagée après le premier incendie, semble peu vraisemblable après le second. S’agit-il d’un avertissement visant à dissuader Jean-André Miniconi de se présenter à la mairie d’Ajaccio ? Ou d’un épisode de plus dans la guerre des clans criminels qui ensanglante Ajaccio depuis des décennies ?

Sans attendre les conclusions des deux enquêtes judiciaires ouvertes par le parquet d’Ajaccio, les Ajacciens ont manifesté publiquement leur colère et leur ras-le-bol face à ce qu’ils interprètent comme une intensification de la pression mafieuse sur les entreprises locales.

La suite à lire dans Mediapart

Le scandale des fraudes agricoles s’étend en Corse

28 AVRIL 2019 PAR HÉLÈNE CONSTANTY

Après la Corse-du-Sud, la Haute-Corse est touchée à son tour par le scandale des fraudes aux aides agricoles européennes. Au cœur de l’affaire, une importante famille du monde agricole, suspectée d’avoir détourné des aides de la politique agricole commune.

Le scandale des fraudes aux aides agricoles européennes est en train de prendre un tour dramatique en Corse. Dans la nuit du vendredi 26 avril au samedi, un incendie a détruit la distillerie d’huiles essentielles exploitée par Pierre Alessandri, le responsable du syndicat agricole Via Campagnola (Confédération paysanne), à Sarrola-Carcopino, au nord d’Ajaccio.

Le procureur de la République d’Ajaccio a ouvert une enquête judiciaire pour incendie criminel commis en réunion, confiée à la gendarmerie. Cet incendie trouve vraisemblablement son origine dans les positions prises par Via Campagnola lors de la récente campagne électorale pour les élections des chambres d’agriculture. Ce syndicat minoritaire a en effet dénoncé les fraudes aux aides européennes avec fermeté, comme Mediapart s’en était déjà fait l’écho.

Jean-Sauveur Vallesi

Le 11 avril, quatre membres de la famille Vallesi ont été placés en garde à vue et leurs exploitations perquisitionnées par la gendarmerie dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte le même jour par la procureure de la République de Haute-Corse Caroline Tharot, pour escroquerie aggravée et association de malfaiteurs.

La suite à lire dans Mediapart

Mafia corse, entre réalité et fantasmes

 

Dimanche 17 février, j’étais l’invitée de l’émission Agora, diffusée par France 3 Corse Via Stella pour parler de la mafia corse, ou des mafias corses.

Sur le plateau, le journaliste Fabrice Laurent de Corse Matin et le chercheur Tommaso Giurati. Une émission préparée et animée par Sébastien Pisani.

Le tétraplégique, le repenti et l’improbable procès

 

Sollacaro Reuters.png

Le procès des assassins présumés de l’avocat corse Antoine Sollacaro devrait bientôt voir s’affronter un tétraplégique, présenté comme le chef du clan mafieux du Petit Bar, et le premier repenti de l’histoire judiciaire française. À moins que la cour d’appel ne décide de retarder l’échéance.

 

La confrontation publique entre le premier repenti de l’histoire judiciaire française et l’homme présenté comme le parrain du clan corse du Petit Bar aura-t-elle lieu un jour ? Patrick Giovannoni et Jacques Santoni devaient être renvoyés prochainement, aux côtés de trois autres personnes, devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, pour l’assassinat du bâtonnier Antoine Sollacaro, à Ajaccio, le 16 octobre 2012 et la tentative d’assassinat de son ami Charles Cervoni, un mois et demi plus tôt.

C’est en tout cas ce qu’avait demandé le juge d’instruction Christophe Petiteau, de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille, dans son ordonnance de mise en accusation (OMA), datée du 31 août 2018, que Mediapart a pu consulter.

Mais la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence pourrait en décider autrement, lundi 21 janvier. Saisie d’un double recours du parquet de Marseille et des avocats du principal accusé, elle peut choisir, soit d’ordonner la tenue du procès en l’état, soit de donner un délai supplémentaire pour poursuivre l’instruction de cette affaire hors norme.

On se souvient de l’émoi national suscité par l’exécution, en plein jour, d’Antoine Sollacaro, ténor du barreau ajaccien, criblé de balles au volant de sa Porsche par le passager d’une puissante moto BMW 1200, alors qu’il s’était arrêté, comme chaque matin, dans une station-service de la route des Sanguinaires pour y acheter son journal.

 

(….) La suite à lire sur Mediapart

Article publié le 19 janvier 2019

La Corse secouée par un scandale de fraude aux aides agricoles

capture d_écran 2019-01-21 à 17.56.38

Le monde agricole corse est secoué par un scandale de fraude aux aides européennes. Selon l’association Anticor, 36 millions d’euros auraient été détournés entre 2015 et 2018, avec l’accord des services de l’État et la bienveillance des chambres d’agriculture.

 

En pleine campagne pour les élections des chambres d’agriculture, qui auront lieu fin janvier, le monde agricole corse est secoué par un scandale de fraude aux aides européennes. Selon l’association Anticor, qui a déposé plainte contre X auprès du parquet national financier le 3 décembre, 36 millions d’euros auraient été détournés par des agriculteurs, entre 2015 et 2018, avec « l’accord et la complicité des autorités de contrôle », c’est-à-dire les services de l’État et l’« accompagnement de personnes très bien informées de la complexité et des failles du système de distribution des aides », à savoir les chambres d’agriculture.

Cette plainte pour détournement, recel et blanchiment de subventions européennes, que Mediapart a pu consulter, est le fruit d’une longue et minutieuse investigation, conduite par des lanceurs d’alerte insulaires depuis début 2016. Nourrie de chiffres et de documents détaillés, elle s’appuie également sur un rapport confidentiel, réalisé en juin 2018 par l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), un organisme de la commission européenne chargé d’enquêter sur les fraudes au détriment du budget communautaire et les affaires de corruption, qui a mené une enquête sur place pendant plusieurs mois.

(…)

Article paru le 20 décembre 2018.
La suite à lire sur Mediapart