Archives du mot-clé mafia

Les Malta files nominés à l’European press prize

Notre enquête Malta Files, publiée dans Mediapart, vient d’être nominée au prix European press prize, qui récompense l’excellence du journalisme européen. 25 articles publiés dans 19 pays ont été retenus en vue de ce prix, qui sera décerné à Budapest le 14 mars 2018.

Tout le dossier est à lire ici.

Cette série d’articles, que j’ai eu le plaisir d’écrire avec Yann Philippin, est le fruit d’un énorme travail de compilation de données, collectées par le consortium européen European investigative collaborations (EIC). Nous avons eu accès à 150 000 documents confidentiels, que nous avons confrontés à la réalité du terrain. Nous avons mis au jour des pratiques d’évasion fiscale massives vers cette île européenne aux allures de paradis fiscal.

Pour ma part, je me suis concentrée sur la filière corse de Malte, après avoir découvert les noms de plusieurs personnalités du monde des affaires insulaire dans les documents maltais. J’en ai tiré les trois article suivants.

Un parfum de mafia autour du BTP corse

Pierre Natali est le plus connu des Corses dont les noms apparaissent dans les Malta Files. L’entreprise de travaux publics qu’il dirige est la plus puissante de Haute-Corse et sa famille joue un rôle important dans la vie politique insulaire. Mais au-delà des pratiques fiscales, des questions troublantes se posent sur l’infiltration mafieuse de l’économie corse.

Malta Files: les mystères des eaux d’Orezza

Pendant qu’elles obtenaient – fait rare – la nationalité monégasque, Marie-Laurence et Frédérique Mora, propriétaires des eaux d’Orezza, s’activaient en secret pour mettre leur fortune à l’abri des regards indiscrets. Les documents Malta Files prouvent qu’elles ont confié à des experts fiscaux le soin d’élaborer un montage sophistiqué.

 

Malta Files: sur un air de Corse-Afrique

Autre figure avec Pierre Natali du BTP corse, Pascal Beveraggi est un homme d’affaires multicartes. Les documents Malta Files révèlent des montages offshore opérés afin d’abriter la propriété d’un yacht de luxe au cœur de litiges avec les douanes. L’homme est devenu une figure du business corse en République démocratique du Congo.

 

 

 

Juger un repenti corse: une première à risques

scene de crime Nivaggioni

 

Grosse actualité corse aujourd’hui, avec la publication par Mediapart de mon article sur le procès à venir de l’assassinat d’Antoine Nivaggioni aux assises d’Aix-en-Provence.

Patrick Giovannoni a refait sa vie dans un lieu inconnu, sous une nouvelle identité, et a sans doute changé de visage. Il va être le premier homme à être jugé en France avec le statut de repenti, pour des faits relevant du grand banditisme en Corse. La justice se demande comment elle va bien pouvoir assurer sa protection.

 

A lire ici (sur abonnement)

La Corse-Afrique dans Il fatto quotidiano

La journaliste italienne Luana de Micco, à qui j’ai donné une interview, a publié un article intéressant dans le quotidien Il fatto quotidiano du 17 décembre. Ses questions révèlent une connaissance fine de la mafia corse. Elle axé son article sur la personnalité de Jean-Luc Codaccioni, le « fils adoptif » de Michel Tomi, l’empereur des jeux en Afrique, assassiné à Bastia.

 

Il fatto171217

En Corse, la mafia se réveille et tue

 

Deux figures du grand banditisme insulaire ont été victimes d’un règlement de comptes, mardi 5 décembre, à l’aéroport de Bastia. Antoine Quilichini, dit « Tony le boucher », a été abattu d’une rafale de fusil-mitrailleur. Jean-Luc Codaccioni, protégé du « parrain des parrains » Michel Tomi, a été très grièvement blessé.

On l’aurait presque oubliée, tant elle a été la grande absente de la campagne électorale, qui a vu, dimanche 3 décembre, la liste nationaliste arriver en tête au premier tour des élections territoriales, avec 45,36 % des voix. Mais la mafia corse est de retour. Elle a fait une démonstration de sa force, mardi 5 décembre, sur le parvis de l’aéroport de Bastia-Poretta, au milieu de la foule, à 11 h 30 du matin.

Pour lire mon article publié dans Mediapart, c’est ici.

N’hésitez pas à me contacter par email si vous souhaitez que je vous parraine pour un mois de lecture gratuite de Mediapart.

Repenti : un témoignage exceptionnel

ChossatLe livre de ma rentrée n’est pas un roman. Repenti (Fayard) est le témoignage d’un ancien soldat de la Brise de mer, le clan mafieux qui a tenu la Corse sous sa coupe pendant plusieurs décennies. Son auteur, Claude Chossat, est un revenant, un miraculé, un survivant.

Après avoir accepté de témoigner devant la justice, il a dû fuir la Corse et tente de refaire sa vie sur le continent avec sa famille. Sa vie ne tient qu’à un fil. Il ne bénéficie pas du statut officiel de « repenti », qui lui aurait garanti de refaire surface quelque part sous une nouvelle identité.

Le récit de sa plongée dans la vie quotidienne de la Brise de mer, comme chauffeur et armurier de Francis Mariani, son chef le plus sanguinaire, est d’autant plus terrifiant que Claude Chossat ne cache rien de ses émotions, de ses doutes, de ses peurs.

Le livre se lit aussi comme un témoignage unique, exceptionnel, du fonctionnement de ce clan mafieux dont tous les chefs sont aujourd’hui morts assassinés.

J’ai bu un jus d’orange à la terrasse d’un bar Montparnasse avec Claude Chossat, le jour de la sortie du livre. La douceur qui émane de cet homme est troublante, au regard de ce qu’il a vécu.

Je vous recommande chaudement la lecture de son livre. Il risque sa vie pour nous livrer les secrets de la Brise.

 

Mediapart 2017

 

J’écris dans Mediapart, un journal d’information numérique, indépendant et participatif, depuis 2014.

Son slogan  : « Seuls nos lecteurs peuvent nous acheter ».

Mes sujets de prédilection ? Les affaires troubles du quart sud-est de la France : la Côte d’Azur, la Corse, Monaco, le Var. Corruption, mafias, grand banditisme, affaires politico-financières sont mon pain quotidien…

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Corse, l’étreinte mafieuse

Corse étreinte mafieuseUn livre enquête édité par Fayard, paru le 15 mars 2017

Le FLNC a déposé les armes. Les bombes se sont tues. En décembre 2015, les nationalistes ont pris le pouvoir par les urnes à la Collectivité territoriale de Corse.

Mais la violence n’a pas disparu, bien au contraire.

La mafia a placé l’île sous coupe réglée. Elle a durablement infiltré l’économie. Elle rackette les commerçants, capte les marchés publics et blanchit l’argent sale dans des projets immobiliers.

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